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Villes et champs

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Aux quatre coins du monde, les élections semblent obéir à la même dynamique: une progression des partis dits "populistes". Le populisme se définit comme une idéologie faisant appel aux intérêts du peuple et prônant son recours. Les partis populistes se caractérisent parfois par la critique d'une élite, aux intérêts jugés contraires à ceux du peuple. La liste est longue, des pays actuellement gouvernés par un parti ou un leader aux positions extrémistes: Italie, Pologne, République tchèque, Turquie, Israël, Russie, Etats-Unis, ou encore Hongrie. Outre le corpus idéologique de leurs dirigeants, ces gouvernements ont en commun un électorat: celui des villes moyennes et des campagnes. Dans la quasi-totalité des pays développés, une coupure nette se dessine entre le peuple de la province et le peuple des grandes villes. Cette coupure existe en France depuis au moins la Révolution. Les événements de 1789 se sont en effet exclusivement déroulés à Paris. Le peuple...

Escadrons de la mort et amnésie historique en Colombie

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Le 13 mars 2018, des élections législatives ont eu lieu en Colombie. Ces élections ont été marquées par la défaite cuisante des FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes), qui n'ont obtenu que 0,04 % des suffrages exprimés. Ce parti politique est l'héritier du groupe d'inspiration marxiste et bolivarienne du même nom, après que ce dernier ait renoncé à la lutte armée en 2016, mettant fin à une lutte de plus de cinquante ans contre le pouvoir colombien. Les élections du 13 mars ont été marquées par la victoire des héritiers politiques d'Alvaro Uribe. Ce dernier, président de la Colombie de 2002 à 2010, farouche opposant aux FARC et au Venezuela, s'était déclaré opposé à l'accord de paix mettant fin au conflit entre le gouvernement et la guérilla d'extrême-gauche. Cet accord de paix, soumis à référendum, avait d'ailleurs été rejeté par la population colombienne. Cette situation illustre bien la profonde détestation des FARC par l'opinio...

Le mouvement de protestation des EHPAD

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La fin du mois de janvier 2018 a été marquée par un mouvement de grève du personnel de nombreux EHPAD (Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes), qui emploient en France près de 730 000 personnes. Suite à l'appel de plusieurs syndicats, des milliers d'employés de ces établissements ont défilé dans les grandes villes du pays, afin d'attirer l'attention du public et du gouvernement sur les nombreuses difficultés qu'ils rencontrent. Les maisons de retraite françaises se caractérisent en effet par des conditions de vie déplorables, qui les font ressembler à de véritables mouroirs. Cette situation impacte les pensionnaires des EHPAD, mais également leur personnel, qui dénonce des conditions de travail particulièrement difficiles. Une pétition lancée par le médecin urgentiste Patrick Pelloux, dénonçant le manque de personnel de ces établissements, a dores et déjà recueilli plus de 400 000 signatures. En effet, la principale revendicatio...

La fabrication de l'ennemi

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"Nous allons vous faire subir le plus terrible des sorts, nous allons vous priver d'ennemi", déclarait un expert soviétique au président américain Ronald Reagan, alors que la fin de la Guerre froide approchait. Or, les Etats-Unis, même après la disparition de la menace soviétique, ne se sont jamais privés d'ennemi. A peine la dislocation de l'URSS achevée, le nouveau président des Etats-Unis George Bush senior se lança en effet dans une croisade contre le dictateur panaméen Manuel Noriega au titre de la toute nouvelle "guerre contre la drogue", puis contre Saddam Hussein, qualifié par George Bush de "Hitler revisité" (sic). Près de soixante ans avant ces évènements, le juriste et philosophe allemand Carl Schmitt théorisait la notion de "fabrication de l'ennemi". Cet intellectuel est resté célèbre pour avoir été le juriste du régime nazi. Or, on emprunte toujours quelque chose à ses ennemis. Et justement, c'est cette no...

Gaullisme géopolitique et néo-conservatisme

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La récente décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël a provoqué un embrasement des territoires palestiniens et une indignation de la part de la communauté internationale. Le président Emmanuel Macron a lui-même condamné cette décision, appelant à une solution diplomatique et à la reconnaissance d'un Etat palestinien. De même, lorsque Donald Trump semblait prêt à déclarer la guerre à la Corée du Nord, le président français n'a eu de cesse d'appeler son homologue américain a davantage de prudence, laissant sous-entendre que les Etats-Unis seraient seuls en cas de conflit. Cela faisait bien longtemps que la France n'avait pas montré autant de volonté d'indépendance et de réserves face à la politique étrangère des Etats-Unis. Aura-t-il fallu un homme comme Trump pour que le gouvernement français prenne ses distances avec son allié américain ? Dans une interview donnée au Figaro en juin 2017, Emmanuel Macron déclarait :...

La crise nord-coréenne

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Suite aux nombreuses rodomontades de Trump face au régime nord-coréen, menacé plusieurs fois de "destruction" par le "feu et la fureur", il convient de ne pas céder au bellicisme exacerbé du président américain et d'examiner la situation avec le recul historique nécessaire. Durant les dernières années du XXe siècle, les représentants des régimes de la Corée du Sud et de son turbulent voisin du Nord se sont rencontrés plusieurs fois en vue d'une désescalade des tensions et d'une éventuelle réunification. Le langage se faisait de plus en plus apaisé et les deux Etats semblaient prêts à prendre ensemble le chemin de la paix. Mais les attentats du 11 septembre 2001 sont venus bouleverser la donne, et ont conduit le président américain George W Bush à placer la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC) sur la liste des "états-voyous" composant "l'axe du mal". Lors de son discours sur l'état de l'Union de 2002, le pr...